Cinq questions posées au sol du Brabant wallon : ce que l’on bâtit, pour qui, et ce que le cadastre appelle « bâti ». Les réponses sortent uniquement de données ouvertes officielles, recalculées ici pour ce territoire.
On entend souvent
On construit parce que la population augmente.
1À première vue
Depuis 2000, le Brabant wallon a gagné 18,4 % d’habitants et 21,7 % de surface bâtie. Les deux montent ensemble : à cette échelle, l’idée semble tenir.
2Mais commune par commune
Si le bâti suivait la population, les points s’aligneraient sur la diagonale. Ils ne s’alignent pas. Entre 2000 et 2024, 18 communes sur 27 ont augmenté leur surface bâtie plus vite que leur nombre d’habitants. Entre les deux rythmes, on mesure un lien fort : ici, on bâtit surtout là où l’on arrive, mais plus vite qu’on n’arrive.
À retenir
On entend souvent
Chaque nouvel habitant prend à peu près la même place.
1À première vue
Dans le Brabant wallon, chaque habitant gagné depuis 2000 s’accompagne en moyenne de 770 m² de sol bâti : un carré de 28 mètres de côté. Si chacun prenait la même place, toutes les communes tourneraient autour de ce carré.
2Mais d’une commune à l’autre
Le Brabant wallon a gagné 64 246 habitants et 4 949 hectares de terrains bâtis, l’équivalent de 6 931 terrains de football. Rapportés l’un à l’autre : 770 m² de sol bâti par habitant supplémentaire, un carré de 28 mètres de côté pour chaque habitant gagné. Commune par commune, parmi les 27 qui ont grandi d’au moins 2 %, la moitié se tient entre 599 et 1 060 m². Les extrêmes disent le reste : Tubize a logé 6 920 habitants de plus en n’ajoutant que 250 m² de sol bâti par personne ; Beauvechain en a gagné 1 034 pour 2 189 m² chacun. (Nous ne comparons que des communes qui ont gagné au moins 1 000 habitants et 2 % de population : en dessous, le calcul est trop fragile.) Sur la carte, plus une commune est foncée, plus chaque nouvel habitant y a coûté de sol.
À retenir
On entend souvent
Ce sont les zonings et les usines qui grignotent les terres.
1À première vue
Depuis 2000, les terrains industriels du Brabant wallon ont gagné 190 hectares, 266 terrains de football. Vu comme ça, les zonings pèsent lourd.
2Mais à côté du logement
L’usine occupe l’imaginaire, le logement occupe le sol. En 2024, les terrains résidentiels du Brabant wallon couvrent 13 922 hectares, les terrains industriels 1 426. Dans l’expansion bâtie de 2000 à 2024, le résidentiel pèse 64,4 % ; l’industrie, 3,8 %.
À retenir
On entend souvent
Un terrain « bâti », c’est du béton.
1À première vue
Le cadastre classe 25,3 % de la superficie du Brabant wallon en terrains bâtis, soit 27 750 hectares. Sur une carte d’usage, tout cela apparaît comme du bâti.
2Mais vu du ciel
Le cadastre classe 25,3 % de la superficie du Brabant wallon en terrains bâtis. La cartographie WALOUS, qui observe ce qui couvre réellement le sol, trouve dans tout le territoire assez de revêtements et de constructions pour couvrir environ 38,4 % de ces terrains bâtis. En ordre de grandeur, 17 106 hectares classés « bâtis » ne sont donc couverts ni de constructions ni de revêtements, 23 958 terrains de football. Ce sont surtout des jardins, des pelouses, des haies, des talus, des arrière-cours, avec un peu de sol nu ou d’eau, soit environ 413 m² par habitant. C’est une estimation : les deux sources ne se superposent pas parcelle par parcelle, et le revêtement situé hors des terrains bâtis (chemins de campagne, par exemple) est compté comme s’il s’y trouvait. La part vraiment minéralisée est donc plutôt surestimée.
À retenir
On entend souvent
Une commune verte est une commune boisée.
1À première vue
Dans le Brabant wallon, 24 communes sur 27 sont couvertes à plus de 80 % de végétation. Sur une carte de verdure, presque tout est vert.
2Mais quel vert ?
Le vert domine partout : même la commune la moins verte compte 72,6 % de couvert végétal. Mais ce vert n’a rien d’homogène. À Walhain, 93,5 % du sol est végétal et 5,3 % seulement est arboré : les cultures en couvrent 68,2 %, les prairies 20,0 %. À Grez-Doiceau, où le couvert végétal atteint 92,6 %, 31,6 % est arboré. Sur une carte de verdure, les deux communes ont presque la même teinte ; ce sont pourtant deux paysages différents.
À retenir
Nous cherchions les communes « vertes mais imperméables » : beaucoup de végétation et beaucoup de revêtement à la fois, le pavillonnaire qui se croit campagne. Parmi les communes du quart le plus végétal, combien sont aussi dans le quart le plus minéral ? Zéro. Sur le plan de la couverture physique, minéral et végétal se partagent la même surface : et s’excluent presque parfaitement : quand l’un monte, l’autre descend d’autant.
Le quadrant n’existe pas, donc nous ne le dessinons pas. La contradiction s’est déplacée ailleurs, dans la planche IV : ce n’est pas le vert qui ment, c’est le cadastre.
Chaque chiffre de cette page est recalculé pour le Brabant wallon par un pipeline qui télécharge les fichiers officiels, enregistre leur empreinte et refait les additions. Rien n’est repris d’un communiqué ou d’un article.
Le cadastre décrit des usages juridiques de parcelles ; WALOUS décrit une couverture physique observée. Les deux mesurent le même territoire sans mesurer la même chose. C’est précisément le sujet de la planche IV, et la raison pour laquelle leurs pourcentages ne s’additionnent jamais.
Onze communes du Hainaut ont changé de code NIS en 2019 sans changer de territoire. Sans recodage, elles disparaissent de toute comparaison longue. Elles ont été réappariées par leur nom et ramenées au référentiel NIS 2024.
En 2018, Statbel a changé sa technique de mesure des parcelles. Les terrains bâtis du Brabant wallon ont alors gagné d’un coup 631 hectares, surtout des routes mesurées plus finement. Ce saut ne correspond à aucune construction. Les niveaux récents sont ceux de Statbel ; les années avant 2018 sont relevées du saut de mesure, pour que les évolutions ne comptent que ce qui a été bâti.
Quand deux chiffres montent et descendent ensemble d’une commune (ou d’un quartier) à l’autre, on parle de lien. Il peut aller dans un sens (l’un monte, l’autre aussi) ou en sens inverse (l’un monte, l’autre baisse). « Très fort » : l’un permet presque de deviner l’autre. « Faible » ou « presque aucun » : ils varient chacun de leur côté. Un lien ne dit jamais lequel cause l’autre. Seuils utilisés, sur un coefficient de corrélation compris entre −1 et +1 (de Pearson, ou de rang de Spearman quand des valeurs extrêmes pourraient tout tirer ; la note de chaque graphique le précise), en valeur absolue : très fort au-delà de 0,8, fort au-delà de 0,6, net au-delà de 0,4, faible au-delà de 0,2.
Données générées le 2026-09-28 · géographie communale 2025 (261 communes depuis la fusion de Bastogne et Bertogne ; certaines séries 2000-2024 comptent encore les 262 communes d’avant) · Les jeux Statbel sont réutilisables librement, y compris à des fins commerciales, moyennant mention de la source. Les jeux WalStat sont diffusés via le portail open data de la Wallonie.