VivantNamur · faune et flore · 2026-09-28

Ce qui vità côté

Qui observe la nature dans l’arrondissement de Namur, ce qui s’y installe, et ce que la faune sauvage coûte aux champs.

9×plus d’observations au km²
en Flandre qu’en Wallonie
IObservation

La carte de la biodiversité,
ou celle des naturalistes ?

Avant de compter les espèces, comptons ceux qui les comptent.

On entend souvent

Là où l’on observe le plus d’espèces, la nature est la plus riche.

1À première vue

De 2015 à 2024, GBIF recense 1 393 899 observations d’espèces en Wallonie, 10 141 025 en Flandre. Rapporté à la surface, la Flandre est observée 9 fois plus que la Wallonie. Faut-il en conclure qu’elle abrite plus de vie ?

Observations d’espèces publiées sur GBIF par km², 2015-2024

2Mais qui regarde ?

Ces chiffres mesurent d’abord le regard. Commune par commune dans l’arrondissement de Namur, le nombre d’observations au km² suit assez nettement la densité de population. Dans 3 communes, un seul jeu de données fournit plus de la moitié des observations : un inventaire, un programme de suivi, parfois un observateur assidu. Avant de parler de richesse, il faut savoir qui regarde.

La carte : observations par km², commune par commune
2015-2024, toutes espèces, tous observateurs
Sources
GBIF.org (dont Natagora / observations.be, DEMNA / SPW) ; contours communaux WalStat ; Statbel, population.
Période
2015 à 2024.
Calcul
Nombre d’observations publiées dont la position tombe dans la commune, divisé par sa superficie. Comptage via l’API publique de GBIF. Seules les observations de terrain d’espèces présentes sont comptées (pas les spécimens de musée ni les absences), et pas les points publiés volontairement flous à plus d’un kilomètre près : une partie des données d’observation.org est arrondie à une grille d’environ 5 km, qui empilerait des milliers d’observations sur un même point, parfois hors de Wallonie. Les points de cette grille publiés sans incertitude déclarée sont repérés un à un et retirés eux aussi (environ 12 000 observations en Wallonie, 51 000 en Flandre). Pour les espèces exotiques, ce dernier retrait n’est pas appliqué : une première année peut encore venir d’un tel point.
Voir les chiffres

À retenir

  • Une carte d’observations est d’abord une carte d’observateurs.
  • La Flandre publie 9 fois plus d’observations au km² que la Wallonie.
  • Comparer la biodiversité de deux communes demande de corriger l’effort d’observation ; ces chiffres ne le font pas.
IIEspèces
exotiques

À quelle vitesse
les envahisseurs avancent-ils ?

Six espèces exotiques, suivies commune par commune.

On entend souvent

Les espèces invasives, ça reste marginal.

1À première vue

Six espèces exotiques suivies dans l’arrondissement de Namur. Aujourd’hui, balsamine de l’Himalaya : 16 communes, frelon asiatique : 16 communes, renouée du Japon : 16 communes sur 16. Certaines sont déjà signalées presque partout.

Communes où chaque espèce a déjà été observée, 2000-2025

2Mais à quelle vitesse ?

Et certaines avancent vite. Le frelon asiatique est observé pour la première fois dans l’arrondissement de Namur en 2018 ; en 2025, il est signalé dans 16 communes, dont 8 de plus depuis 2020.

Frelon asiatique : communes où il a été observé au moins une fois, en cumulé
La carte : année de la première observation
par espèce · couleur claire : observée tôt · foncée : récemment
Sources
GBIF.org (dont Natagora / observations.be, DEMNA / SPW), comptages via l’API publique.
Période
2000 à 2025.
Calcul
Pour chaque espèce et chaque commune : première année avec au moins une observation publiée. Mêmes filtres que ci-dessus. Pour le frelon asiatique, les rares observations antérieures à 2011, année où il est vu pour la première fois en Belgique (Sécurité civile ; premier nid en 2016), sont écartées comme douteuses.
Voir les chiffres

À retenir

  • Une première observation n’est pas une date d’arrivée : l’espèce peut être là depuis plus longtemps, sans avoir été vue ou publiée.
  • L’effort d’observation a fortement augmenté : une partie de la progression vient du regard.
  • Ces données ne mesurent ni l’abondance des espèces ni leurs effets.
IIIFaune ×
cultures

Où la faune sauvage
coûte-t-elle aux agriculteurs ?

Des dossiers de dégâts, espèce par espèce.

On entend souvent

Les dégâts de gibier, c’est le sanglier en Ardenne.

1À première vue

De 2008 à 2024, 525 dossiers de dégâts aux cultures ont été enregistrés dans l’arrondissement de Namur, pour un montant total de 675 953 €. En tête : le sanglier, avec 92 % des montants.

Montants des dossiers par espèce

2Mais où, et quand ?

Et d’une année à l’autre, les montants varient de 1 à 4 : de 16 504 € en 2008 à 70 381 € en 2015.

Montants des dossiers chaque année
La carte : montants des dossiers par commune
2008-2024, euros cumulés
Sources
SPW Agriculture, Ressources naturelles et Environnement : statistiques des dégâts agricoles de la faune sauvage (odwb.be).
Période
2008 à 2024.
Calcul
Somme des montants des dossiers expertisés, par espèce, par année et par commune du lieu des dégâts. Euros courants, non corrigés de l’inflation. Les 43 dossiers publiés deux fois ne comptent qu’une fois ; 71 dossiers sans date comptent dans les totaux, pas dans la courbe annuelle.
Voir les chiffres

À retenir

  • Ces chiffres couvrent les dossiers expertisés, pas tous les dégâts réels.
  • Une année forte peut suivre une abondance de fruits forestiers ou une population de sangliers élevée ; ces données ne permettent pas de le mesurer.
  • La commune est celle du lieu des dégâts.
IVJardins ×
bâti

La Wallonie cache-t-elle
un grand jardin ?

Derrière le mot « bâti », des pelouses, des haies et des potagers.

On entend souvent

Tout est bétonné : il ne reste plus de place pour la nature près de chez soi.

1À première vue

Le cadastre classe 19,9 % de l’arrondissement de Namur en terrains bâtis, soit 23 249 hectares : maisons, bureaux, commerces, voiries. Et cette surface continue de s’étendre. Vu d’avion, l’idée semble tenir.

Terrains bâtis selon le cadastre, 2024

2Mais regardons dedans

Dans ces parcelles, le satellite ne voit du béton, de l’asphalte ou des toits que sur une partie : environ 57 % du bâti reste végétal. Jardins, pelouses, haies, bosquets, bords de route : de l’ordre de 13 400 hectares, 412 m² par habitant, à peu près un terrain de basket par habitant. C’est 11,4 % de la surface de l’arrondissement de Namur.

Ce que le satellite voit dans les terrains bâtis

3Mais pas pour tout le monde

Ce jardin est inégalement partagé. Dans les communes les plus denses de l’arrondissement de Namur, il reste 427 m² par habitant ; dans les moins denses, 628 m². Même là où l’on vit le plus serré, 57 % des terrains bâtis restent végétaux.

Jardins, pelouses et bosquets par habitant, selon la densité de la commune
entre parenthèses : nombre de communes · classes = cinquièmes des communes wallonnes
La carte : jardins, pelouses et bosquets par habitant
surface végétale des terrains bâtis, en m² par habitant, 2024
Sources
Statbel, cadastre (occupation du sol, 2024, niveaux officiels) ; SPW, carte d’occupation du sol WALOUS (satellite) ; Statbel, population 2024.
Période
2024.
Calcul
Terrains bâtis du cadastre moins surfaces minérales (revêtements, constructions, rail) vues par satellite dans la commune. Une estimation, un ordre de grandeur : elle inclut les bords de route et les espaces verts d’entreprises, et peut sous-estimer le végétal là où des routes non cadastrées comptent dans le minéral.
Voir les chiffres

À retenir

  • Environ 57 % des terrains classés « bâtis » restent végétaux : le béton n’a pas tout pris.
  • C’est une estimation : bâti du cadastre moins surfaces minérales vues par satellite. Elle compte aussi les bords de route et les pelouses d’entreprises.
  • Ce que deviennent ces surfaces dépend de leur gestion : une pelouse tondue, une prairie fleurie, une haie, un potager ou un verger n’offrent pas la même chose au vivant.

La méthode

Chaque chiffre de cette page est recalculé pour l’arrondissement de Namur par un pipeline qui télécharge les fichiers officiels, enregistre leur empreinte et refait les additions. Rien n’est repris d’un communiqué ou d’un article.

Observer n’est pas recenser

Une observation publiée prouve qu’une espèce a été vue, pas qu’elle est absente ailleurs. Là où personne ne regarde, rien n’est compté.

Des comptages, rien d’autre

Nous interrogeons l’API publique de GBIF pour compter des observations ; aucune observation individuelle n’est republiée ici. Chaque jeu de données garde sa licence (CC0 ou CC BY).

Des dossiers, pas des dégâts

Les montants de la faune sauvage portent sur les dossiers expertisés recensés par le SPW : une partie des dégâts n’est jamais déclarée.

Comment lire « un lien fort »

Quand deux chiffres montent et descendent ensemble d’une commune (ou d’un quartier) à l’autre, on parle de lien. Il peut aller dans un sens (l’un monte, l’autre aussi) ou en sens inverse (l’un monte, l’autre baisse). « Très fort » : l’un permet presque de deviner l’autre. « Faible » ou « presque aucun » : ils varient chacun de leur côté. Un lien ne dit jamais lequel cause l’autre. Seuils utilisés, sur un coefficient de corrélation compris entre −1 et +1 (de Pearson, ou de rang de Spearman quand des valeurs extrêmes pourraient tout tirer ; la note de chaque graphique le précise), en valeur absolue : très fort au-delà de 0,8, fort au-delà de 0,6, net au-delà de 0,4, faible au-delà de 0,2.

Données générées le 2026-09-28 · géographie communale 2025 (261 communes depuis la fusion de Bastogne et Bertogne ; certaines séries 2000-2024 comptent encore les 262 communes d’avant) · Les jeux Statbel sont réutilisables librement, y compris à des fins commerciales, moyennant mention de la source. Les jeux WalStat sont diffusés via le portail open data de la Wallonie.