SocialVerviers · 29 communes · 2026-09-28

Ce que laprécaritéavoue

Pauvreté, chômage, énergie : trois façons de manquer dans l’arrondissement de Verviers, lues commune par commune puis quartier par quartier, là où les moyennes cessent de protéger.

12,7 %soit 1 habitant sur 8 sous le seuil
de risque de pauvreté (mesure administrative)
10,0 %soit 1 actif sur 10
au chômage (2021)
2,6 %soit 1 compteur sur 39
à prépaiement
26,2 %soit 1 assuré sur 4
au statut BIM (soins mieux remboursés)
IRevenu ×
pauvreté

Riche en moyenne,
pauvre quand même ?

On entend souvent

Une commune riche n’a pas de pauvres.

1À première vue

Des communes les plus modestes aux plus aisées, la part d’habitants sous le seuil de risque de pauvreté passe de 17,3 % à 7,2 %. L’idée se vérifie : la part baisse d’un groupe à l’autre.

Part d’habitants sous le seuil de risque de pauvreté, selon le revenu de la commune
communes classées en 3 groupes · mesure administrative Statbel

2Mais des exceptions

Selon la mesure administrative de Statbel, 1 habitant sur 8 dans l’arrondissement de Verviers vit sous le seuil de risque de pauvreté : un revenu disponible inférieur à 60 % du revenu médian belge. Plus une commune est aisée, moins ses habitants sont nombreux sous ce seuil : entre revenu et pauvreté, on mesure un lien très fort. Certaines communes s’écartent de la règle wallonne. À Raeren, dans la moitié la plus aisée des communes de l’arrondissement de Verviers, le revenu médian atteint 2 554 € par mois, et pourtant 1 habitant sur 10 y vit sous le seuil. Dans les communes wallonnes au revenu comparable, c’est 1 habitant sur 13. L’écart se lit aussi dans la dispersion : à Burg-Reuland, au moins 1 665 € par mois séparent le quart le plus modeste des habitants du quart le plus aisé. Un même revenu médian peut cacher des vies très différentes.

Revenu et pauvreté, commune par commune
un point = une commune · tirets = taux attendu (médiane des 25 communes wallonnes au revenu le plus proche) · orange = au moins 1 point au-dessus
Source
Statbel, revenu disponible administratif par commune (Datalab).
Période
revenus 2023.
Calcul
Taux de risque de pauvreté administratif : part des habitants dont le revenu disponible équivalent est sous 60 % de la médiane belge, calculée d’après les registres. Ce n’est pas le taux officiel issu de l’enquête SILC. Taux attendu = médiane des 25 communes wallonnes dont le revenu médian est le plus proche.
Voir les chiffres

À retenir

  • Plus une commune est aisée, moins ses habitants sont nombreux sous le seuil : la règle générale se vérifie.
  • Des communes aisées comptent pourtant plus d’habitants sous le seuil que leur revenu ne l’annonce.
  • Le seuil est belge (60 % du revenu médian du pays), identique partout ; le taux vient des registres, pas de l’enquête officielle sur les revenus.
IIZoom
intérieur

Dans quels quartiers
le chômage double-t-il ?

On entend souvent

Le chômage d’une commune, c’est le chômage de tous ses quartiers.

1Vu de loin

À l’échelle des communes, le chômage va de 6,8 % à 20,8 % parmi ces communes.

Taux de chômage de chaque commune (recensement 2021)
les mêmes communes que plus bas

2Mais quartier par quartier

Au recensement de 2021, 1 actif sur 10 dans l’arrondissement de Verviers était au chômage. Ce taux est une moyenne : aucun quartier ne le vit tel quel. À Verviers, selon le quartier, on passe de 1 actif sur 25 au chômage à la moitié des actifs, dans la même commune. Sur 22 communes d’au moins cinq quartiers recensés, 8 en comptent au moins un où le chômage est au moins deux fois plus fréquent que dans l’ensemble de la commune.

À Verviers, de 4 % à 51 % de chômeurs selon le quartier
pour chaque commune, son quartier le moins et le plus touché par le chômage · quartier = secteur statistique · les écarts les plus grands en haut
Source
Statbel, Census 2021, population par secteur statistique et situation sur le marché du travail.
Période
1ᵉʳ janvier 2021.
Calcul
Chômeurs ÷ (actifs occupés + chômeurs), au sens du recensement. Quartier = secteur statistique d’au moins 100 actifs et 5 chômeurs, hors secteurs « non localisables » ; communes d’au moins cinq quartiers. Un quartier « au double » a un taux au moins deux fois supérieur à celui de l’ensemble de sa commune, quartier compris.
Voir les chiffres

À retenir

  • Le taux communal est une moyenne : aucun quartier ne le vit tel quel.
  • D’un quartier à l’autre, le chômage peut être plusieurs fois plus fréquent.
  • Chômage au sens du recensement 2021, quartiers d’au moins 100 actifs et 5 chômeurs.
IIIÉnergie ×
précarité

Qui paie son
électricité d’avance ?

On entend souvent

Les compteurs à budget suivent exactement la pauvreté.

1À première vue

Des communes les moins précaires aux plus précaires, la part de compteurs à prépaiement passe de 1,2 % à 3,5 %. Les compteurs suivent la précarité, d’un groupe à l’autre.

Compteurs à prépaiement, selon la part d’assurés au statut BIM
communes classées en 3 groupes, des moins précaires aux plus précaires

2Mais des communes sortent du lot

Dans l’arrondissement de Verviers, 1 compteur électrique sur 39 fonctionne en prépaiement : il faut recharger avant de consommer. Le plus souvent, c’est le fournisseur qui le fait placer après des factures impayées. Ce n’est pas une coupure, mais le signe de difficultés de paiement. Ces compteurs suivent la précarité : avec la part des assurés au statut BIM, qui donne droit à un meilleur remboursement des soins de santé (1 assuré sur 4), on mesure un lien fort.

Compteurs à prépaiement et précarité, commune par commune
un point = une commune · tirets = taux attendu (médiane des 25 communes wallonnes au taux de BIM le plus proche) · orange = au moins 1 point au-dessus
Source
IWEPS / WalStat d’après la CWaPE (compteurs à budget) et l’AIM (BIM).
Période
compteurs fin 2025 ; BIM 2024.
Calcul
Compteurs à fonction de prépaiement active ÷ codes EAN résidentiels en électricité. BIM : personnes bénéficiaires de l’intervention majorée ÷ personnes assurées (des personnes, pas des ménages).
Voir les chiffres

À retenir

  • La règle générale se vérifie : plus de précarité, plus de compteurs à prépaiement.
  • Certaines communes en comptent nettement plus que leur précarité ne l’annonce.
  • Les causes de ces écarts (chauffage électrique, fournisseurs, logements) ne sont pas mesurées ici.
IVCarte

La carte
de la précarité

On entend souvent

Pauvreté, chômage et précarité énergétique touchent les mêmes communes.

1Le test

Si chaque difficulté touchait des communes différentes, rares seraient celles qui cumulent les trois : au hasard, on en attendrait environ 0,5. L’arrondissement de Verviers en compte 4 dans le quart le plus exposé sur les trois indicateurs, et 19 sur aucun.

Communes selon le nombre d’indicateurs où elles sont dans le quart le plus exposé
pauvreté, chômage, compteurs à prépaiement

2La carte

Basculez d’un indicateur à l’autre. En tête : Dison pour le risque de pauvreté et le chômage ; Verviers pour les compteurs à budget. Quatre communes sont dans le quart le plus exposé sur les trois à la fois : Dison, Pepinster, Spa et Verviers.

Le paysage social de l’arrondissement de Verviers
teinte = valeur de l’indicateur · contours communaux réels
Source
Statbel (revenu disponible, Census 2021) ; WalStat d’après la CWaPE.
Période
revenus 2023, recensement 2021, compteurs fin 2025.
Calcul
Mêmes définitions que les planches précédentes.

À retenir

  • Pauvreté, chômage et compteurs à prépaiement se recoupent largement : bien plus de communes cumulent les trois que le hasard ne le voudrait.
  • Les trois cartes ne se superposent pas pour autant commune par commune.
  • Le quart le plus exposé est calculé à l’intérieur du territoire affiché.

La méthode

Chaque chiffre de cette page est recalculé pour l’arrondissement de Verviers par un pipeline qui télécharge les fichiers officiels, enregistre leur empreinte et refait les additions. Rien n’est repris d’un communiqué ou d’un article.

Un seuil belge

Le taux de risque de pauvreté se mesure contre 60 % du revenu médian belge. Une commune « pauvre » l’est au regard du pays entier, pas de ses voisines.

Une mesure administrative

Ce taux vient des registres (Statbel, revenu disponible administratif 2023). Le taux officiel de risque de pauvreté de la Belgique, des régions et des provinces est celui de l’enquête européenne SILC : Statbel précise que les chiffres communaux ne le remplacent pas et que leurs totaux régionaux ne servent que de repère. Les deux chiffres ne se comparent donc pas.

Revenu médian

Il s’agit du revenu disponible du ménage, ramené à un adulte seul (revenu « équivalent ») : la moitié des habitants vit dans un ménage au revenu équivalent plus élevé. Dans les communes frontalières du Grand-Duché, beaucoup d’habitants travaillent au Luxembourg : la façon dont ces revenus sont saisis peut peser sur le revenu et le taux de pauvreté mesurés.

Chômage du recensement

Le Census 2021 approche la définition internationale du chômage (BIT) à partir des registres, et compte donc aussi les demandeurs d’emploi inoccupés. Son taux reste différent du chômage administratif et du chômage mesuré par l’enquête sur les forces de travail, mais il permet de descendre au secteur statistique.

Quartiers

Un « quartier » est ici un secteur statistique de Statbel. Les secteurs « non localisables » sont écartés. Un taux de quartier n’est cité ou dessiné que s’il repose sur au moins 100 actifs et 5 chômeurs : à Mons, le secteur du SHAPE affichait 0,4 % sur une seule personne.

Bastogne

Statbel publie encore Bastogne et Bertogne séparément pour les revenus 2023. Le taux de pauvreté est recomposé exactement ; le revenu médian est approché par la moyenne des deux médianes pondérée par la population.

Un compteur n’est pas un ménage

Selon la CWaPE et l’IWEPS, le compteur à budget est le plus souvent placé à la demande du fournisseur d’énergie après un défaut de paiement ; les demandes du CPAS ou du client lui-même sont bien moins fréquentes. Il signale une difficulté de paiement passée ou présente, pas une coupure. Les clients protégés disposent d’un limiteur de puissance, compté dans l’indicateur. Dénominateur : points de fourniture résidentiels actifs en électricité.

Comment lire « un lien fort »

Quand deux chiffres montent et descendent ensemble d’une commune (ou d’un quartier) à l’autre, on parle de lien. Il peut aller dans un sens (l’un monte, l’autre aussi) ou en sens inverse (l’un monte, l’autre baisse). « Très fort » : l’un permet presque de deviner l’autre. « Faible » ou « presque aucun » : ils varient chacun de leur côté. Un lien ne dit jamais lequel cause l’autre. Seuils utilisés, sur un coefficient de corrélation compris entre −1 et +1 (de Pearson, ou de rang de Spearman quand des valeurs extrêmes pourraient tout tirer ; la note de chaque graphique le précise), en valeur absolue : très fort au-delà de 0,8, fort au-delà de 0,6, net au-delà de 0,4, faible au-delà de 0,2.

Données générées le 2026-09-28 · géographie communale 2025 (261 communes depuis la fusion de Bastogne et Bertogne ; certaines séries 2000-2024 comptent encore les 262 communes d’avant) · Les jeux Statbel sont réutilisables librement, y compris à des fins commerciales, moyennant mention de la source. Les jeux WalStat sont diffusés via le portail open data de la Wallonie.