SantéLiège · 84 communes · 2026-09-28

Ce que lasantéavoue

Combien de temps on vit dans la province de Liège, et qui soigne : l’espérance de vie, les années de vie perdues avant 70 ans et les médecins généralistes, croisés avec le revenu et l’âge.

79,2ans d’espérance de vie
à la naissance
1 082habitants pour un
généraliste à temps plein
15communes : peu de médecins,
et des médecins âgés
97années de vie perdues avant 70 ans
(indice, 100 = Wallonie)
IVie ×
revenu

Combien d’années de vie
vaut 1 000 € de revenu ?

On entend souvent

En Wallonie, on vit à peu près aussi longtemps partout.

1À première vue

L’espérance de vie à la naissance atteint 79,2 ans dans la province de Liège. Vu de loin, la province de Liège paraît homogène.

Espérance de vie à la naissance
ensemble du territoire et communes extrêmes

2Mais d’une commune à l’autre, et selon le revenu

L’espérance de vie à la naissance va de 75,9 ans à Huy à 83,5 ans à Dalhem : 7,6 années d’écart à l’intérieur de la province de Liège. Elle suit nettement le revenu (un lien net) : chaque tranche de 1 000 € de revenu médian annuel va de pair avec environ 4 mois de vie en plus.

Espérance de vie à la naissance et revenu médian, par commune
un point = une commune · tirets = tendance du territoire · en orange, les communes riches en lits de maison de repos
Source
IWEPS / WalStat d’après Statbel (espérance de vie) ; Statbel, revenu disponible administratif ; AVIQ via WalStat (lits MR/MRS).
Période
espérance de vie 2015-2024 ; revenus 2023 ; lits 2025.
Calcul
Tendance = droite des moindres carrés de l’espérance de vie sur le revenu médian (en milliers d’euros). Orange : plus de 400 lits MR/MRS pour 1 000 habitants de 80 ans et plus. Les lits datent de 2025, les décès de 2015-2024.
Voir les chiffres

À retenir

  • 7,6 ans séparent la commune où l’on vit le moins longtemps de celle où l’on vit le plus.
  • L’espérance de vie suit nettement le revenu des habitants.
  • Les maisons de repos peuvent abaisser l’espérance de vie mesurée dans les communes qui les accueillent : un effet de mesure.

Un effet de mesure : les maisons de repos

L’IWEPS le signale : l’espérance de vie est calculée au lieu de résidence. Une commune qui accueille une grande maison de repos peut y enregistrer les décès de personnes âgées venues d’ailleurs. Ici, une fois le revenu pris en compte, les communes qui comptent beaucoup de lits ont plus souvent une espérance de vie plus courte que prévu (un lien net). À Crisnée, qui compte 7 lits pour 10 habitants de 80 ans et plus, l’espérance de vie est 4,2 ans sous ce que son revenu laisserait attendre. Lisez ce graphique avec cette réserve.

IIOffre ×
besoin

Les médecins sont-ils
là où l’on meurt tôt ?

On entend souvent

Les médecins sont là où l’on en a le plus besoin.

1Le test

Si les médecins s’installaient là où l’on meurt tôt, les communes à forte mortalité précoce auraient moins d’habitants par généraliste. On passe de 1 044 à 1 102 habitants par généraliste d’un bout à l’autre. Ce n’est pas le cas : le chiffre bouge à peine.

Habitants pour un généraliste, selon les années de vie perdues avant 70 ans
communes classées en 5 groupes, de la plus faible à la plus forte mortalité précoce

2Commune par commune

On attendrait les généralistes là où l’on meurt tôt. La province de Liège compte un généraliste à temps plein pour 1 082 habitants, soit à peu près autant que la moyenne wallonne (1 092). Pourtant, la présence des généralistes ne suit presque pas les années de vie perdues avant 70 ans : entre les deux, on ne mesure presque aucun lien. À Spa, les années de vie perdues avant 70 ans dépassent de 41 % la moyenne wallonne, avec l’équivalent d’un généraliste à temps plein pour 841 habitants. À Baelen, la commune la moins dotée, on compte l’équivalent d’un généraliste pour 4 529 habitants, soit 4,1 fois la moyenne wallonne. Ce chiffre repose sur 1,0 équivalent temps plein : une arrivée ou un départ suffit à le changer du tout au tout. Selon les registres publiés, deux communes n’ont aucun généraliste installé : Lincent et Lontzen.

Rareté des généralistes et années de vie perdues avant 70 ans
un point = une commune · échelle logarithmique en abscisse · tirets = tendance
Source
IWEPS / WalStat d’après le cadastre AVIQ (généralistes) et Statbel (mortalité).
Période
généralistes fin 2024 ; années de vie perdues 2013-2022.
Calcul
Années potentielles de vie perdues : pour chaque décès entre 1 et 69 ans, les années qui manquaient pour atteindre 70 ans. Taux pour 100 000 habitants de 1 à 69 ans, standardisé sur la population européenne de 2013, exprimé en indice (100 = chiffre wallon officiel, 3 772). Habitants par médecin généraliste en équivalent temps plein (en Communauté germanophone : par médecin).
Voir les chiffres

À retenir

  • La présence des généralistes suit très peu la mortalité précoce.
  • Quelques communes cumulent mortalité précoce élevée et généralistes rares.
  • Le nombre de médecins ne dit rien de la patientèle réelle, qui franchit les limites communales.
IIIDésert ×
relève

Qui soignera
dans dix ans ?

On entend souvent

Un généraliste, on en trouve toujours un.

1À première vue

La province de Liège compte un généraliste pour 1 082 habitants. Vu comme ça, un médecin n’est jamais loin.

Habitants pour un généraliste à temps plein
ensemble du territoire, commune médiane et commune la moins dotée

2Mais la relève

Un désert médical se lit deux fois : peu de médecins aujourd’hui, et des médecins proches de la retraite. La province de Liège compte 15 communes qui cumulent les deux : plus d’habitants par généraliste que la médiane wallonne (1 095), et au moins la moitié de leurs généralistes âgés de 55 ans ou plus. Parmi elles, les populations les plus âgées : Awans, Welkenraedt et Herstal, où les 80 ans et plus pèsent jusqu’à 6,8 % des habitants. Souvent, ces parts portent sur deux ou trois médecins : une seule arrivée ou un seul départ les fait basculer. L’âge des généralistes n’est publié pour aucune des neuf communes de la Communauté germanophone : huit d’entre elles ont un généraliste et ne peuvent donc pas figurer dans ce décompte (Lontzen n’en compte aucun).

Habitants par généraliste et part des généralistes de 55 ans et plus
un point = une commune · taille = part des 80 ans et plus · tirets = médiane wallonne et seuil de 50 %
Source
IWEPS / WalStat d’après le cadastre AVIQ.
Période
généralistes fin 2024 ; âge des généralistes fin 2023.
Calcul
Zone en haut à droite : plus d’habitants par généraliste que la médiane wallonne (1 095) et au moins 50 % de généralistes de 55 ans et plus.
Voir les chiffres

À retenir

  • Baelen compte 4,2 fois plus d’habitants par généraliste à temps plein que l’ensemble du territoire, sur 1,0 équivalent temps plein seulement.
  • Parmi les 33 communes moins dotées que la médiane wallonne dont l’âge des généralistes est publié (pour 6 autres, en Communauté germanophone, il ne l’est pas), 15 ont au moins la moitié de leurs généralistes âgés de 55 ans ou plus.
  • Sur deux ou trois médecins, un départ change tout : ces chiffres sont à vérifier sur place.
IVCarte

La carte
de la santé

On entend souvent

On vit plus longtemps là où il y a plus de médecins.

1Le test

Des communes les mieux dotées en généralistes aux moins dotées, l’espérance de vie passe de 79,9 à 79,0 ans.

Espérance de vie, selon le nombre d’habitants par généraliste
communes classées en 5 groupes, des mieux dotées aux moins dotées

2La carte

Basculez d’un indicateur à l’autre. En tête : Huy pour l’espérance de vie la plus courte, Baelen pour la rareté des généralistes et Spa pour les années de vie perdues avant 70 ans. Trois communes sont dans le quart le plus exposé sur les trois à la fois : Crisnée, Dison et Herstal.

Le paysage sanitaire de la province de Liège
teinte = valeur de l’indicateur · contours communaux réels
Source
IWEPS / WalStat d’après Statbel et l’AVIQ.
Période
espérance de vie 2015-2024 ; généralistes fin 2024 ; années de vie perdues 2013-2022.
Calcul
Mêmes définitions que les planches précédentes.

À retenir

  • Espérance de vie et présence des généralistes dessinent deux cartes différentes.
  • L’espérance de vie suit nettement plus le revenu des habitants que la présence des généralistes.
  • Ces moyennes communales ne mesurent pas l’accès réel aux soins.

La méthode

Chaque chiffre de cette page est recalculé pour la province de Liège par un pipeline qui télécharge les fichiers officiels, enregistre leur empreinte et refait les additions. Rien n’est repris d’un communiqué ou d’un article.

Fenêtres de dix ans

L’espérance de vie et les années de vie perdues sont calculées sur dix années de décès cumulées : une commune de quelques milliers d’habitants ne produit pas assez de décès en un an pour un chiffre stable.

Chiffres officiels du territoire

Une espérance de vie ne s’additionne pas. Pour la Wallonie, les provinces et les arrondissements, l’espérance de vie, les années de vie perdues et le nombre d’habitants par généraliste sont les chiffres calculés par l’IWEPS pour le territoire entier. Les moyennes par groupe de communes sont pondérées par la population.

Petits effectifs

La part des généralistes de 55 ans et plus porte parfois sur deux ou trois médecins : 0 % ou 100 % sont fréquents. La planche III doit se lire comme un signal à vérifier sur place.

Généralistes

WalStat publie un ratio d’habitants par généraliste en équivalent temps plein. Dans une petite commune, il repose parfois sur moins d’un médecin à temps plein : le texte le signale. Pour regrouper des communes, les équivalents temps plein sont reconstitués (population ÷ ratio) puis additionnés. Dans les neuf communes de la Communauté germanophone, la source compte des médecins et non des équivalents temps plein, et l’âge des généralistes n’est pas publié : ces communes ne peuvent pas apparaître dans la planche III.

Maisons de repos

Les lits de maison de repos datent de 2025, les décès de 2015-2024. La part des 80 ans et plus rapporte la population de 80 ans et plus du même fichier à la population au 1er janvier 2025. Le lien entre lits et espérance de vie est une corrélation, pas un effet démontré.

Comment lire « un lien fort »

Quand deux chiffres montent et descendent ensemble d’une commune (ou d’un quartier) à l’autre, on parle de lien. Il peut aller dans un sens (l’un monte, l’autre aussi) ou en sens inverse (l’un monte, l’autre baisse). « Très fort » : l’un permet presque de deviner l’autre. « Faible » ou « presque aucun » : ils varient chacun de leur côté. Un lien ne dit jamais lequel cause l’autre. Seuils utilisés, sur un coefficient de corrélation compris entre −1 et +1 (de Pearson, ou de rang de Spearman quand des valeurs extrêmes pourraient tout tirer ; la note de chaque graphique le précise), en valeur absolue : très fort au-delà de 0,8, fort au-delà de 0,6, net au-delà de 0,4, faible au-delà de 0,2.

Données générées le 2026-09-28 · géographie communale 2025 (261 communes depuis la fusion de Bastogne et Bertogne ; certaines séries 2000-2024 comptent encore les 262 communes d’avant) · Les jeux Statbel sont réutilisables librement, y compris à des fins commerciales, moyennant mention de la source. Les jeux WalStat sont diffusés via le portail open data de la Wallonie.