ÉcoleFédération Wallonie-Bruxelles · 2026-10-06

Les jeunes ont-ils raisond’être perplexes ?

Ce qu’on finance, ce que les élèves apprennent, qui tient la classe, et ce qui arrive après l’école.

−28points en maths à PISA
depuis 2018
8,2 %de temps d’absence maladie
des enseignants
79 %des jeunes Wallons diplômés
en emploi après 1 à 3 ans

Les écoles francophones de Wallonie et de Bruxelles relèvent de la Fédération Wallonie-Bruxelles : les chiffres de l’école sont les mêmes quel que soit le territoire choisi, sauf les absences du personnel, publiées par province.

IBudget

Que finance-t-on
à l’école ?

La dépense par élève, avant et après l’inflation.

On entend souvent

L’école manque de plus en plus de moyens.

1À première vue

Entre 2014-15 et 2023-24, la Fédération Wallonie-Bruxelles a fait passer la dépense par élève du primaire de 4 308 € à 6 163 €, et celle du secondaire de 7 243 € à 9 557 €. Des hausses de 43 % et 32 % : à première vue, l’école ne manque pas de moyens.

Dépense par élève, en euros de chaque année
années scolaires 2014-15 à 2023-24

2Mais hors inflation

Mais les prix ont monté aussi, surtout depuis 2022, et les salaires des enseignants sont indexés. Une fois l’inflation retirée, la dépense par élève du primaire n’augmente plus que de 11 % en 9 ans, celle du secondaire de 2 %.

Hausse de la dépense par élève hors inflation, 2014-15 à 2023-24

3Selon le niveau

Selon le niveau, l’histoire change. Maternel : +28 % hors inflation ; les universités perdent du terrain une fois l’inflation retirée.

À retenir

  • En euros de tous les jours, la dépense par élève a beaucoup augmenté. Hors inflation, la hausse est bien plus modeste, et elle n’est pas la même à tous les niveaux.
  • Une dépense par élève monte aussi quand le nombre d’élèves baisse : ce n’est pas forcément un effort nouveau.
  • L’essentiel du budget de l’enseignement paie des salaires. Le chiffre dit combien on dépense, pas ce qui se passe en classe.
IIPISA

Pour quels
résultats ?

Les élèves de 15 ans, testés tous les trois ou quatre ans.

On entend souvent

Nos élèves sont parmi les plus faibles d’Europe.

1À première vue

En 2018, les élèves de 15 ans de la Fédération obtenaient 495 points en mathématiques à PISA. En 2025 : 467, soit 28 points de moins. En lecture, ils passent de 481 à 466. Le décrochage semble net.

Scores PISA de la Fédération Wallonie-Bruxelles
points, élèves de 15 ans

2Mais à côté des autres

Mais la baisse touche presque tous les pays. En 2025, la Fédération est dans la moyenne de l’OCDE : 467 points en maths contre 463, 466 en lecture contre 461, 482 en sciences contre 482. La Flandre fait mieux en maths (489) mais pas en lecture (467).

PISA 2025 : la Fédération face à la moyenne de l’OCDE
barre pleine : Fédération · pointillé : OCDE

À retenir

  • Les scores baissent depuis 2018, surtout en maths, mais la Fédération reste dans la moyenne de l’OCDE.
  • PISA teste environ 3 000 élèves : chaque score a une marge d’erreur d’environ 8 points. Quelques points d’écart ne veulent rien dire.
  • Les élèves testés en 2025 étaient en 5e primaire pendant le Covid. Leurs scores ne disent rien, à eux seuls, de ce que vaut l’école aujourd’hui.
IIIAbsences

Qui tient
la classe ?

Les absences pour maladie du personnel, et leur remplacement.

On entend souvent

Les profs sont tout le temps absents.

1À première vue

En 2018-2019, un enseignant était absent pour maladie 7,1 % du temps, en moyenne. En 2024-2025 : 8,2 %. Un jour de classe ordinaire, environ un enseignant sur 12 est donc absent pour maladie.

Part du temps de travail en absence maladie
moyenne sur l’année scolaire, de septembre à juin

2Mais pour l’élève

Mais pour un élève, ce qui compte, c’est l’heure de cours perdue. Les absences sont en partie remplacées : en 2024-2025, pour l’ensemble du personnel, les remplaçants couvrent environ 59 % du temps d’absence, contre 64 % en 2018-2019. Le reste, environ 41 %, n’est pas remplacé.

Part du temps d’absence couverte par des remplaçants
tout le personnel, en équivalents temps plein

3Selon la province

Dans la province de Hainaut, le taux est de 9,2 % en 2024-2025. D’une province à l’autre, il va de 6,5 % (Luxembourg) à 9,2 % (Hainaut).

Absence maladie des enseignants, 2024-2025

À retenir

  • Les absences pour maladie des enseignants ont augmenté depuis 2018. Ce sont des maladies, pas un manque de motivation : les données ne disent rien de tel.
  • Environ 41 % du temps d’absence n’est pas couvert par un remplaçant (calcul en équivalents temps plein) : c’est là que l’élève perd des heures de cours.
  • Les dernières données s’arrêtent en juin 2025.
IVAprès
l’école

Et après
l’école ?

Emploi, études ou rien du tout : ce que deviennent les 18-24 ans.

On entend souvent

Pour un jeune Wallon, pas de boulot à la sortie de l’école.

1À première vue

Entre 18 et 24 ans, 12,8 % des jeunes Wallons ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (moyenne 2023-2025), contre 7,6 % en Flandre. Le fossé saute aux yeux.

Jeunes de 18 à 24 ans ni en emploi, ni en études, ni en formation
en % des 18-24 ans

2Mais à la sortie des études

Mais il se resserre. Ce taux était de 19,0 % en 2013-2015. Et parmi les jeunes Wallons sortis des études depuis un à trois ans avec au moins le diplôme du secondaire, 79 % ont un emploi, contre 71 % dix ans plus tôt. C’est encore sous la moyenne européenne (83 %), et sous la Flandre (86 %).

Jeunes diplômés en emploi, un à trois ans après la fin des études
au moins le diplôme du secondaire, moyenne des trois dernières années

3Et à Bruxelles ?

À Bruxelles, l’emploi des jeunes diplômés passe de 72 % à 77 %, et la part de jeunes sans emploi ni formation est de 12,3 %.

À retenir

  • Les jeunes Wallons restent plus souvent sans emploi ni formation qu’en Flandre, mais l’écart se réduit. Ceux qui sortent diplômés trouvent plus souvent du travail qu’il y a dix ans (71 → 79 %).
  • Ces chiffres viennent d’une enquête : on lisse sur trois ans, et l’enquête a changé de méthode en 2017 et en 2021.
  • Rien ici ne relie les scores PISA, les absences ou le budget au sort des jeunes. Ces courbes bougent en même temps, sans qu’on puisse dire que l’une explique l’autre.
VQuel
emploi ?

Un emploi,
mais lequel ?

Contrat, durée, temps de travail : ce que cache le taux d’emploi des jeunes.

On entend souvent

Si les jeunes sont « en emploi », c’est qu’ils ont un vrai travail.

1À première vue

Le chiffre de 79 % suit la définition internationale de l’emploi : est « en emploi » toute personne qui a travaillé au moins une heure contre rémunération pendant la semaine de l’enquête. Un intérim de quelques jours ou un contrat de quelques heures suffit. À première vue, presque tous les jeunes diplômés travaillent.

2Mais quel contrat ?

Mais avec quel contrat ? En 2025, parmi les jeunes salariés wallons de 15 à 24 ans, 60 % ont un contrat temporaire. Une partie sont des jobs étudiants. En les retirant, il reste environ 43 % de contrats temporaires (durée déterminée, intérim, formation), contre 27 % en Flandre et 30 % à Bruxelles.

Jeunes salariés de 15 à 24 ans en contrat temporaire, hors jobs étudiants
2025 · durée déterminée, intérim, contrat de formation

3Et sur la durée ?

Et sur la durée ? Dans sa dernière étude, le Forem a suivi 19 908 jeunes Wallons de 18 à 24 ans, inscrits pour la première fois à la sortie de leurs études, entre juin et octobre. 63,6 % ont travaillé comme salariés au moins un jour dans les six mois qui ont suivi. Mais 38 % seulement ont cumulé plus de trois mois d’emploi sur ces six mois.

Jeunes inscrits au Forem à la sortie des études : emploi dans les six mois
emploi salarié déclaré à l’ONSS, hors contrats étudiants et de stage

4Et le temps de travail ?

Quand ils travaillent à temps partiel, 25 % des jeunes salariés wallons le font faute de trouver un temps plein (15 % en Flandre). Les autres sont surtout des étudiants qui travaillent à côté de leurs études.

Jeunes salariés de 15 à 24 ans en poste depuis moins d’un an
en % des jeunes salariés

À retenir

  • Être compté « en emploi » ne dit rien du contrat ni de la durée : en Wallonie, environ 43 % des jeunes salariés (hors jobs étudiants) ont un contrat temporaire.
  • Parmi les jeunes inscrits au Forem, près de deux sur trois travaillent un peu dans les six mois, mais 38 % seulement plus de trois mois.
  • Aucune statistique publique ne mesure encore ce qui compte le plus : combien de jeunes ont, un an après l’école, au moins un mi-temps pendant au moins six mois. Les données existent dans les fichiers de la sécurité sociale, sans être publiées.
  • Les populations diffèrent d’un chiffre à l’autre (15-24 ans, jeunes inscrits au Forem, jeunes diplômés) : ils s’éclairent, ils ne se soustraient pas.

Sources de cette section : Eurostat, taux d’emploi des jeunes sortis des études depuis un à trois ans (edat_lfse_33) et ancienneté dans l’emploi (lfst_r_egad) ; Statbel, enquête sur les forces de travail 2025, tableaux T2.038 (contrats), T2.039 (types de contrats temporaires) et T2.031 (motif du temps partiel) ; Le Forem, « L’insertion des jeunes inscrits pour la première fois », figure 12. Les contrats temporaires hors jobs étudiants sont calculés par PAUSE : contrats temporaires moins jobs étudiants, rapportés aux salariés hors jobs étudiants.

La méthode

Chaque chiffre de cette page est recalculé pour l’arrondissement de Mons par un pipeline qui télécharge les fichiers officiels, enregistre leur empreinte et refait les additions. Rien n’est repris d’un communiqué ou d’un article.

Ensemble, pas l’un à cause de l’autre

Budget, scores PISA, absences et emploi des jeunes bougent en même temps. Aucune donnée publique ne permet de dire que l’un explique l’autre.

Des publications en PDF

La dépense par élève et les scores PISA ne sont publiés qu’en PDF (Indicateurs de l’enseignement, Cahier n° 49 de l’aSPe). Les valeurs ont été relevées à la main, page et figure citées ; deux scores de maths (2006 et 2009) illisibles sur le graphique sont écartés.

Hors inflation

La dépense par élève est convertie en euros de 2023-24 avec l’indice des prix à la consommation de Statbel, moyenne des deux années civiles de chaque année scolaire.

« En emploi », au sens international

Pour l’enquête européenne, une personne est en emploi si elle a travaillé au moins une heure contre rémunération pendant la semaine observée, quel que soit le contrat. C’est pourquoi la section V regarde aussi le contrat et la durée.

Une enquête, des ruptures

Les chiffres sur les jeunes viennent de l’enquête européenne sur les forces de travail. Elle a changé de méthode en 2017 et en 2021 ; on lit des moyennes sur trois ans.

Comment lire « un lien fort »

Quand deux chiffres montent et descendent ensemble d’une commune (ou d’un quartier) à l’autre, on parle de lien. Il peut aller dans un sens (l’un monte, l’autre aussi) ou en sens inverse (l’un monte, l’autre baisse). « Très fort » : l’un permet presque de deviner l’autre. « Faible » ou « presque aucun » : ils varient chacun de leur côté. Un lien ne dit jamais lequel cause l’autre. Seuils utilisés, sur un coefficient de corrélation compris entre −1 et +1 (de Pearson, ou de rang de Spearman quand des valeurs extrêmes pourraient tout tirer ; la note de chaque graphique le précise), en valeur absolue : très fort au-delà de 0,8, fort au-delà de 0,6, net au-delà de 0,4, faible au-delà de 0,2.

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