SolLuxembourg · 43 communes · 2026-09-28

Ce que le solavoue

Cinq questions posées au sol de la province de Luxembourg : ce que l’on bâtit, pour qui, et ce que le cadastre appelle « bâti ». Les réponses sortent uniquement de données ouvertes officielles, recalculées ici pour ce territoire.

1 206m² de sol bâti
par habitant gagné
17communes sur 44 ont bâti
plus vite qu’elles n’ont grandi
39,0 %du sol cadastré « bâti »
est minéralisé, environ
68,3 %de l’expansion bâtie
est résidentielle
IRythmes
comparés

On construit.
Mais pour qui ?

On entend souvent

On construit parce que la population augmente.

1À première vue

Depuis 2000, la province de Luxembourg a gagné 19,6 % d’habitants et 16,4 % de surface bâtie. Les deux montent ensemble : à cette échelle, l’idée semble tenir.

Évolution de la province de Luxembourg, 2000-2024
population et surface cadastrée « bâtie »

2Mais commune par commune

Si le bâti suivait la population, les points s’aligneraient sur la diagonale. Ici, la plupart restent en dessous. Entre 2000 et 2024, 17 communes sur 44 ont augmenté leur surface bâtie plus vite que leur nombre d’habitants. Entre les deux rythmes, on mesure un lien net : le bâti grandit plutôt là où la population grandit, avec de nombreuses exceptions.

Évolution de la population et de la surface bâtie, 2000 à 2024
44 communes · un point = une commune
Source
Statbel, statistique cadastrale de l’utilisation du sol ; Statbel, population par commune.
Période
1ᵉʳ janvier 2000 au 1ᵉʳ janvier 2024.
Calcul
Variation en % de la rubrique cadastrale 3 « terrains bâtis et terrains connexes », comparée à la variation en % de la population. Le saut de mesure de 2018 est neutralisé : les années avant 2018 en sont relevées, les niveaux récents sont ceux de Statbel (voir la méthode).
Voir les chiffres

À retenir

  • Dans 17 communes sur 44, le bâti a grandi plus vite que la population.
  • Entre les deux rythmes, on mesure un lien net : le bâti grandit plutôt là où la population grandit, avec de nombreuses exceptions.
  • Le cadastre compte des surfaces, jardins compris ; il ne dit rien des logements ni des ménages.
  • Le saut de mesure du cadastre en 2018 est neutralisé : il ne compte pas comme du bâti nouveau.
IICarte

Combien de sol
coûte un habitant
de plus ?

On entend souvent

Chaque nouvel habitant prend à peu près la même place.

1À première vue

Dans la province de Luxembourg, chaque habitant gagné depuis 2000 s’accompagne en moyenne de 1 206 m² de sol bâti : un carré de 35 mètres de côté. Si chacun prenait la même place, toutes les communes tourneraient autour de ce carré.

Le sol bâti d’un habitant gagné, en moyenne
aire du carré proportionnelle aux m²

2Mais d’une commune à l’autre

La province de Luxembourg a gagné 48 326 habitants et 5 827 hectares de terrains bâtis, l’équivalent de 8 161 terrains de football. Rapportés l’un à l’autre : 1 206 m² de sol bâti par habitant supplémentaire, un carré de 35 mètres de côté pour chaque habitant gagné. Commune par commune, parmi les 41 qui ont grandi d’au moins 2 %, la moitié se tient entre 835 et 2 187 m². Les extrêmes disent le reste : Arlon a logé 6 519 habitants de plus en n’ajoutant que 404 m² de sol bâti par personne ; Marche-en-Famenne en a gagné 1 582 pour 2 221 m² chacun. (Nous ne comparons que des communes qui ont gagné au moins 1 000 habitants et 2 % de population : en dessous, le calcul est trop fragile.) Sur la carte, plus une commune est foncée, plus chaque nouvel habitant y a coûté de sol.

Le paysage statistique de la province de Luxembourg
teinte = valeur de l’indicateur · contours communaux réels
Source
Statbel (cadastre, population) et WalStat/WALOUS pour la part minéralisée ; contours communaux WalStat.
Période
2000–2024 pour les évolutions, 2023 pour la couverture du sol.
Calcul
Hectares bâtis gagnés × 10 000 ÷ habitants gagnés. Les communes qui n’ont pas gagné d’habitants n’ont pas de ratio : elles sont signalées à part.
Voir les chiffres

À retenir

  • Parmi les communes qui ont grandi d’au moins 2 %, la moitié se situe entre 835 et 2 187 m² par habitant gagné.
  • Les ratios calculés sur peu d’habitants gagnés sont fragiles : ils sont marqués sur la carte.
  • Sol bâti ne veut pas dire béton : jardins et pelouses en font partie.

Les communes qui n’ont pas de ratio

Trois communes de la province de Luxembourg n’ont pas gagné d’habitants entre 2000 et 2024 tout en ajoutant des terrains bâtis. Diviser par un gain nul ou négatif ne produirait qu’un nombre absurde. Elles forment leur propre catégorie : du bâti sans nouveaux habitants. Les plus concernées : La Roche-en-Ardenne, Bouillon et Saint-Hubert. Une d’entre elles a perdu au moins 1 % de ses habitants ; les autres sont restées presque stables.

IIIPart à part

Qui mange
le sol ?

On entend souvent

Ce sont les zonings et les usines qui grignotent les terres.

1À première vue

Depuis 2000, les terrains industriels de la province de Luxembourg ont gagné 511 hectares, 716 terrains de football. Vu comme ça, les zonings pèsent lourd.

Terrains industriels ajoutés, 2000-2024
hectares

2Mais à côté du logement

L’usine occupe l’imaginaire, le logement occupe le sol. En 2024, les terrains résidentiels de la province de Luxembourg couvrent 11 513 hectares, les terrains industriels 1 832. Dans l’expansion bâtie de 2000 à 2024, le résidentiel pèse 68,3 % ; l’industrie, 8,8 %.

Deux surfaces à la même échelle, 2024
l’aire de chaque carré est proportionnelle aux hectares occupés
Répartition des 5 827 hectares bâtis gagnés depuis 2000
part de chaque usage dans l’expansion
Source
Statbel, statistique cadastrale de l’utilisation du sol (rubriques 3.1 à 3.9).
Période
2000 et 2024.
Calcul
Hectares par rubrique, sommés sur les communes du territoire. Les parts d’expansion rapportent la variation de chaque rubrique à la variation totale de la rubrique 3.
Voir les chiffres

À retenir

  • Le résidentiel a gagné 7,8 fois plus que l’industrie en surface.
  • En 2024, le logement occupe 11 513 hectares, l’industrie 1 832.
  • Transports, commerces et loisirs complètent la répartition, visible plus bas.
IVCadastre
contre satellite

Le sol « bâti »
n’est pas tout bâti.

On entend souvent

Un terrain « bâti », c’est du béton.

1À première vue

Le cadastre classe 9,3 % de la superficie de la province de Luxembourg en terrains bâtis, soit 41 448 hectares. Sur une carte d’usage, tout cela apparaît comme du bâti.

Ce que le cadastre classe « bâti », 2024
part de la superficie

2Mais vu du ciel

Le cadastre classe 9,3 % de la superficie de la province de Luxembourg en terrains bâtis. La cartographie WALOUS, qui observe ce qui couvre réellement le sol, trouve dans tout le territoire assez de revêtements et de constructions pour couvrir environ 39,0 % de ces terrains bâtis. En ordre de grandeur, 25 289 hectares classés « bâtis » ne sont donc couverts ni de constructions ni de revêtements, 35 419 terrains de football. Ce sont surtout des jardins, des pelouses, des haies, des talus, des arrière-cours, avec un peu de sol nu ou d’eau, soit environ 857 m² par habitant. C’est une estimation : les deux sources ne se superposent pas parcelle par parcelle, et le revêtement situé hors des terrains bâtis (chemins de campagne, par exemple) est compté comme s’il s’y trouvait. La part vraiment minéralisée est donc plutôt surestimée.

Ce que le cadastre appelle « bâti », et ce qui est minéralisé (ordre de grandeur)
Luxembourg, 43 communes (géographie 2025) · hectares
Part minéralisée du sol cadastré « bâti », estimée
distribution des 43 communes · nombre de communes par tranche de 5 points
Source
Statbel, statistique cadastrale ; WalStat d’après WALOUS (SPW), occupation du sol 2023.
Période
cadastre 2024, couverture physique 2023.
Calcul
Surface minéralisée = superficie communale × (revêtements artificiels + constructions hors sol + réseau ferroviaire). Rapportée aux hectares de la rubrique cadastrale 3. Ordre de grandeur : tout le revêtement de la commune est compté, même hors des terrains bâtis.
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À retenir

  • Environ 39 % du sol « bâti » est couvert de béton, de bitume ou de toits : c’est un ordre de grandeur, qui croise deux sources différentes.
  • Le reste, surtout des jardins, des pelouses et des haies, représente environ 857 m² par habitant.
  • Le cadastre décrit l’usage juridique d’une parcelle ; le satellite, ce qui la couvre.
VComposition
du couvert

Vert ne veut
pas dire boisé.

On entend souvent

Une commune verte est une commune boisée.

1À première vue

Dans la province de Luxembourg, 43 communes sur 43 sont couvertes à plus de 80 % de végétation. Sur une carte de verdure, presque tout est vert.

Communes selon leur part de végétation
nombre de communes, 2023

2Mais quel vert ?

Le vert domine partout : même la commune la moins verte compte 88,1 % de couvert végétal. Mais ce vert n’a rien d’homogène. À Messancy, 92,8 % du sol est végétal et 25,2 % est arboré : les prairies en couvrent 46,1 %, les cultures 21,5 %. À Daverdisse, où le couvert végétal atteint 98,0 %, 68,0 % est arboré. Sur une carte de verdure, les deux communes ont presque la même teinte ; ce sont pourtant deux paysages très différents.

Composition du sol des 43 communes, 2023
communes triées de la moins boisée à la plus boisée · chaque colonne = une commune
Source
WalStat d’après WALOUS (SPW), occupation du sol par commune, 2023.
Période
2023.
Calcul
Arboré = feuillus et résineux, toutes hauteurs. Herbacé = couvert permanent et cultures en rotation. Minéral = revêtements, constructions, rail.
Voir les chiffres

À retenir

  • Forêts, prairies et cultures se confondent sur une carte de verdure.
  • Deux communes presque aussi vertes l’une que l’autre peuvent être couvertes de champs et de prairies, ou de forêts.
  • WALOUS mesure ce qui couvre le sol ; il ne dit pas si ce vert est naturel, cultivé ou planté.

Une hypothèse qui n’a pas tenu

Nous cherchions les communes « vertes mais imperméables » : beaucoup de végétation et beaucoup de revêtement à la fois, le pavillonnaire qui se croit campagne. Parmi les communes du quart le plus végétal, combien sont aussi dans le quart le plus minéral ? Zéro. Sur le plan de la couverture physique, minéral et végétal se partagent la même surface : et s’excluent presque parfaitement : quand l’un monte, l’autre descend d’autant.

Le quadrant n’existe pas, donc nous ne le dessinons pas. La contradiction s’est déplacée ailleurs, dans la planche IV : ce n’est pas le vert qui ment, c’est le cadastre.

La méthode

Chaque chiffre de cette page est recalculé pour la province de Luxembourg par un pipeline qui télécharge les fichiers officiels, enregistre leur empreinte et refait les additions. Rien n’est repris d’un communiqué ou d’un article.

Deux définitions du sol

Le cadastre décrit des usages juridiques de parcelles ; WALOUS décrit une couverture physique observée. Les deux mesurent le même territoire sans mesurer la même chose. C’est précisément le sujet de la planche IV, et la raison pour laquelle leurs pourcentages ne s’additionnent jamais.

Codes communaux

Onze communes du Hainaut ont changé de code NIS en 2019 sans changer de territoire. Sans recodage, elles disparaissent de toute comparaison longue. Elles ont été réappariées par leur nom et ramenées au référentiel NIS 2024.

Une rupture de mesure en 2018

En 2018, Statbel a changé sa technique de mesure des parcelles. Les terrains bâtis de la province de Luxembourg ont alors gagné d’un coup environ 2 000 hectares, surtout des routes mesurées plus finement. Ce saut ne correspond à aucune construction. Les niveaux récents sont ceux de Statbel ; les années avant 2018 sont relevées du saut de mesure, pour que les évolutions ne comptent que ce qui a été bâti.

Bastogne

Bastogne et Bertogne ont fusionné le 1ᵉʳ janvier 2025. Les analyses 2000–2024 gardent les deux communes séparées ; le fond de carte et la couverture du sol, qui n’existent qu’en géographie 2025, les agrègent. D’où deux nombres de communes sur cette page.

Comment lire « un lien fort »

Quand deux chiffres montent et descendent ensemble d’une commune (ou d’un quartier) à l’autre, on parle de lien. Il peut aller dans un sens (l’un monte, l’autre aussi) ou en sens inverse (l’un monte, l’autre baisse). « Très fort » : l’un permet presque de deviner l’autre. « Faible » ou « presque aucun » : ils varient chacun de leur côté. Un lien ne dit jamais lequel cause l’autre. Seuils utilisés, sur un coefficient de corrélation compris entre −1 et +1 (de Pearson, ou de rang de Spearman quand des valeurs extrêmes pourraient tout tirer ; la note de chaque graphique le précise), en valeur absolue : très fort au-delà de 0,8, fort au-delà de 0,6, net au-delà de 0,4, faible au-delà de 0,2.

Données générées le 2026-09-28 · géographie communale 2025 (261 communes depuis la fusion de Bastogne et Bertogne ; certaines séries 2000-2024 comptent encore les 262 communes d’avant) · Les jeux Statbel sont réutilisables librement, y compris à des fins commerciales, moyennant mention de la source. Les jeux WalStat sont diffusés via le portail open data de la Wallonie.